Accusations ( par wikipédia)Les témoignages collectés en 1610 et 1611 s’élèvent à un total de plus de 300 relevés. Les rapports du procès comprennent les témoignages des 4 accusés, ainsi que ceux de 13 autres témoins : notamment, le Castellan[12], ainsi que le reste du personnel du château de Sárvár.
Ses victimes initiales étaient de jeunes paysannes de la région, attirées à Čachtice par des offres de travail bien payé pour être servantes au château. Plus tard, elle aurait commencé à tuer des filles de la petite noblesse, envoyées chez elle par leurs parents pour y apprendre l’étiquette. Des rapts semblent aussi avoir été pratiqués.
Les descriptions de tortures qui furent mises en évidences durant le procès furent souvent basées sur le ouï-dire. Parmi les atrocités décrites (et probables), on cite notamment :
* de longs passages à tabac, entraînant souvent la mort
* des brûlures et autres mutilations des mains, parfois aussi sur les visages et les parties génitales
* des morsures estropiant des parties de peau du visage, des bras et du corps
* une exposition au froid entraînant la mort
* une mise à mort par dénutrition
L’utilisation d’aiguilles fut aussi mentionnée au procès, par les collaborateurs. Certains témoins mentionnent des proches qui seraient morts au château. D’autres rapportent avoir vu des traces de torture sur des cadavres ; certains étaient enterrés au cimetière, d’autres dans des lieux divers.
Selon les confession des accusés, Erzsébet Báthory aurait non seulement torturé et tué ses victimes à Čachtice, mais également dans ses propriétés à Bécko, Sárvár, Deutschkreutz, Bratislava et Vienne - et même, sur le chemin entre ces différents lieux.
En plus des accusés, plusieurs personnes furent mentionnées comme ayant fourni des jeunes filles à Erzsébet Báthory.
Le nom d'Anna Darvulia - dont on ne sait presque rien - fut également cité : c'était sans doute une femme des environs, dont on dit qu’elle aurait joué un rôle important pour déclencher les agissements sadiques d'Erzsébet Báthory. Elle serait cependant morte plus tôt que cette dernière.
Le nombre total de jeunes filles torturées et tuées par Báthory reste inconnu, bien qu’il fut parfois mentionné une centaine, entre les années 1585 et 1610. Les estimations diffèrent grandement. Szentes et Fickó en rapportent respectivement 36 et 37 au cours de leur période de service. Les accusés estiment le nombre à une cinquantaine ou plus. Le personnel du château de Sárvár évalue le nombre de corps retirés du château à 100, peut-être même 200. Un témoin au tribunal mentionna un carnet, dans lequel un total de 650 victimes aurait été consigné par Báthory elle-même. Ce carnet n’a été mentionné nulle part ailleurs, et n’a jamais été découvert ; cependant, ce nombre est devenu part de la légende entourant Báthory.
Mais les chefs-d'accusation fournis sont parfois pris avec prudence par les historiens[13] Comme le souligne la BBC, « la nature du procès rend toutes les preuves fournies suspectes, car elles ont été extirpées sous la torture ou des menaces de torture. »[14]. Point que souligne également l'historien Miklós Molnàr, spécialiste de la Hongrie[13]. Il n'est donc pas exclu que les témoins aient inventé ou exagéré des faits dans le seul but de mettre fin à leur supplice. Par ailleurs, Molnar souligne aussi que la comtesse n'a pas eu la possibilité de se défendre contre ces accusations[13]. Mais il précise toutefois : « Il est possible qu'elle ait commis ces crimes, rien n'est exclu, mais rien n'est prouvé[13] ».
Certaines légendes populaires véhiculent aussi l'idée selon laquelle la comtesse se serait baignée dans le sang de ses victimes. Mais comme le notent les historiens comme Radu Florescu, Raymond Mcnally[15] et Molnàr[13], « cette accusation est absente des procès-verbaux et des correspondances » et n'est soutenue par aucune preuve, ni aucun temoin[16].
En 1984, l’historien hongrois László Nagy a avancé la théorie selon laquelle Erzsébet Báthory n'aurait pas commis ces crimes et aurait été victime d’une conspiration[17]. Cette théorie a été cependant rejetée par György Pollák en 1986[18]. Néanmoins, en 1997, le Mourre, le dictionnaire encyclopédique de référence en histoire, mentionne la thèse de László Nagy et la considère possible :
« Il est possible que les horrifiques chefs-accusations aient été inventés par certains membres de la famille pour soustraire Erzsébet à l'accusation suprême de haute trahison, car elle voulait contribuer avec ses gens d'armes et avec sa fortune personnelle à la lutte de son cousin Gabriel Báthory, prince de Transylvanie, contre les Hasbourg. Pour dissimuler l'action politique de la comtesse et pour éviter ainsi que la famille ne fut compromise, son mari a préféré qu'elle fut accusée de crimes de droit commun.